Méditation pour Pâques

Textes à méditer : Pâques pour les adultes


Pâques : Chemin de Pâques                                               
Quand la nuit est là, quand la lumière n'a pas de nom en dehors de la foi,
Dieu de toute aurore, avec Votre Fils en agonie, nous voulons Vous bénir encore.
Quand la blessure est là, quand la vie n'a pas de nom en dehors de Votre
volonté, Dieu affrontant toute mort avec le Fils blessé à jamais, nous voulons Vous glorifier encore.
Quand la lutte est là, quand la victoire n'a pas de nom en dehors de l'amour,
Dieu toujours plus fort, avec le Fils héritier de nos morts, nous voulons Vous adorez encore
.

Pâques : Prière pour un matin de Pâques                         
Le Christ est ressuscité des morts, par la mort il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux Il a donné la vie !

Réjouissons-nous en ce jour de la Résurrection car le Christ, hier accablé de moqueries, couronné d'épines, pendu au bois, aujourd'hui se relève du tombeau.

Réjouissons-nous car le Christ baigne de sa clarté ceux que les ténèbres de l'enfer retiennent captifs.

Réjouissons-nous en ce printemps de la vie, car une espérance jaillit parmi les victimes des guerres, des tremblements de terre, parmi les affligés du corps et de l’âme.

Réjouissons-nous, car, par la croix, toute tristesse est abolie, et la joie inonde le monde.

Réjouissons-nous, car le Seigneur est descendu au plus profond de la terre, est descendu au plus profond du cœur des hommes où se tapit l'angoisse ;
Il les a visités, Il les a illuminés, et tourments, angoisse, enfer sont anéantis, engloutis dans l'abîme d'amour ouvert au flanc percé du Seigneur.

Réjouissons-nous, car il est ressuscité le Christ, la joie éternelle.


Pâques : Saviez-vous Marie ?                                              
Saviez-vous, Marie, saviez-vous lorsque vous avez dit « oui »,  saviez-vous que cela finirait ainsi ?

Saviez-vous que ce oui devant l'inconnu,  saviez-vous que vous auriez à le redire souvent ?

Saviez-vous qu'un glaive de douleur transpercerait votre cœur ?
Il vous as fallu dire oui lorsqu'Il a quitté la maison en vous laissant seule.
Il vous fallu supporter tout le mal qu'on disait de Lui.
Vous avez sans doute assisté à toutes ces querelles avec les pharisiens et vous L'avez vu monter à Jérusalem où Il devait mourir.

Saviez-vous, Marie, saviez-vous qu'un jour ces paroles déchireraient votre cœur
: « Il mérite la mort ! » Et vous L'asvez suivi pas à pas. Il avait une poutre sur le dos, Il grimpait le mont Calvaire.
Vous L'avez vu fixé au gibet de la Croix, entre deux malfaiteurs. Et la foule ricanait. Et les soldats L'insultaient. Vous, vous ne Le quittiez pas des yeux.
Vous avez senti son dernier souffle, vous avez reçu son dernier soupir.Saviez-vous, Marie,  saviez-vous que l'Enfant que vous portiez sur vos genoux,

saviez-vous que cet Enfant que vous alliaitez, saviez-vous qu'un jour Il reposerait mort sur vos genoux ?
Pourriez-vous savoir qu'une énorme pierre roulerait entre vous et Lui et qu'elle se refermerait sur la mort ?
Et il vous as  fallu encore dire oui.

Chantez, Marie, chantez ! Chantez à mon cœur la joie qui vous envahis. Il est Vivant, votre Fils pour toujours !

Chantez, Marie, chantez la joie de votre oui qui, chaque jour désormais retentit.

Chantez, Marie, chantez l'Amour que Dieu a mis dans votre cœur et disez-moi votre secret.
Apprennez-moi à dire oui dans la nuit et le doute.
Rappellez-moi que, plus forte que la souffrance et la mort, la vie jaillira.
Redisez-moi que de oui en oui Dieu toujours plus loin m'appelle et qu'Il me fait marcher sur le chemin de l'Amour où souvent la souffrance à la
joie est mêlée.

Pâques : Un regard neuf                                                     
Chaque être porte en lui-même une part de résurrection.
Chaque être peut nous enrichir, à condition de plonger en Lui dans ce qu'il y a de beau, de meilleur, de lumineux, de Divin.
Malheureusement, nous épluchons d'abord les ténèbres de l'autre. Et nous en restons là.
Le Christ est là, dans chaque être, enfoui, prêt à Se faire reconnaître, et nous passons sans le voir.
Nous manquons la rencontre souvent, pris par notre égoïsme, nos refus, nos barrières, nos intolérances, nos rejets.
Nous avons besoin de demander dans notre prière le regard du Christ.Il plongeait dans les êtres avec une telle intensité, une telle fraîcheur, une telle
nouveauté, que personne n'oubliait jamais plus ce regard. Et en vivait.

Le Christ ressuscité a besoin de notre regard de tendresse et de miséricorde pour aborder chaque être.
Plonger dans ce que chaque personne a de meilleur, c'est recevoir une parcelle de la lumière du Ressuscité.

Miroir de Pâques                                                                 
C’est l’histoire d’un homme qui cherchait le sens de l’existence. Il avait beaucoup lu et voyagé, rencontré quantité de moines, de prêtres, de philosophes, d’imams, de rabbins, de sages et de gourous… Mais les années passaient et, dans son cœur, continuait de résonner cette question sans réponse : « Pourquoi ? » « Pourquoi la vie ? Pourquoi la terre, l’univers et ses étoiles ? Pourquoi la mort et la souffrance ? » Il restait de plus en plus souvent seul, triste, debout dans son bureau envahi de livres, les yeux fixés sur un vieux miroir. Son regard cherchait dans le reflet de son visage - où pointait déjà la marque du temps - une réponse, un signe, une piste… Il espérait qu’en contemplant ainsi, au travers de sa propre image, le reflet de l’humanité, il trouverait le début d’une réponse. « Pourquoi ? Pourquoi ? »

Un soir qu’il allait dîner dans le bistrot en bas de chez lui où il avait ses habitudes, il croisa le regard d’un vieil homme, accoudé au bar. Il ne l’avait
jamais vu dans le quartier. Pour sortir un instant de son trop-plein de solitude, il offrit un verre à l’inconnu. Celui-ci accepta et le remercia avec une infinie douceur. Les verres vides, l’inconnu enfila son manteau et s’apprêtait à sortir lorsque notre homme lui demanda : « Avez-vous dîné ? » L’autre répondit que non. « Alors restez avec moi, car déjà le soir tombe, venez partager mon modeste repas... »Ils s’assirent l’un en face de l’autre, les mains posées sur la toile cirée. Le doux regard de l’inconnu invitait à la confidence. Notre homme se mit à parler de sa vie, de ses voyages, de ses lectures, de ses rencontres, de sa quête, de ce lancinant « pourquoi ? » qui ne cessait de retentir dans son cœur. Et puis, il évoqua le vieux miroir où il passait des heures à regarder filer le temps sur son propre visage. Alors, l’inconnu lui dit soudain : « Emmène-moi chez toi ! »


Arrivé dans le modeste appartement, l’inconnu demanda à son hôte de se placer face au miroir comme il en avait l’habitude. Intrigué, notre homme s’exécuta et se mit à contempler, une fois encore, sa propre image. Alors, l’inconnu prit un chiffon, décolla légèrement le miroir du mur, glissa la
main derrière et se mit à gratter méthodiquement le tain du vieux miroir. Bientôt, tout reflet disparut, il ne resta plus, enchâssé dan le cadre doré, qu’un
simple carré de verre, désormais totalement transparent. L’inconnu prit le cadre, le décrocha du mur, invita son hôte à le suivre et posa l’objet devant une fenêtre de l’appartement, celle qui donnait sur le boulevard le plus bruyant, où grouillait une foule anonyme et pressée, où l’on apercevait, près d’une bouche de métro, le frêle amas de cartons d’un "sans-domicile". Puis, sans un mot, l’inconnu sortit.

Alors, notre chercheur de sens, tombant à genoux, se mit à pleurer à chaudes larmes. Non pas de pleurs de tristesse, mais de joie ; une joie mystérieuse,
"imprenable", irrépressible ; une joie qui ne ressemble à aucune autre joie ; une joie comme une pierre qu’on roule pour ouvrir enfin, au matin d’une interminable nuit, le tombeau des blessures humaines… L’homme voulut sortir de la pénombre de son petit appartement.

Dans sa précipitation, il se prit le pied dans un tapis. Ce qui restait du miroir se brisa. Alors, notre homme éclata d’un rire sonore, dévala les escaliers et alla joyeusement se perdre dans la foule, en direction de la bouche du métro…

 

Ressusciter -Qu’est-ce que ressusciter ?
C’est quitter notre corps de chenille collée à la terre et devenir papillon aux ailes déployées dans la lumière

Quitter le côté ombragé de la vallée et découvrir son versant ensoleillé

Rompre les amarres de notre planète Terre et voguer vers l’océan de l’infini

Abandonner les limites du temps qui fuit et entrer dans l’éternel aujourd’hui

Briser le cercle étroit de la famille et être accueilli par une multitude de sœurs et de frères

Comprendre les mystères de la création devant la beauté de son ultime réalisation

Se laisser fasciner par un buisson ardent et devenir fou d’amour en le contemplant

Continuer de grandir en lumière et vie dans le rayonnement créateur de son esprit

Communier à une multitude de visages transfigurés et s’émerveiller de la légèreté de notre corps lumineux

Moissonner les gerbes d’amour dans la joie semées dans la douleur et les larmes, autrefois

Se sentir envahi par une surabondance d’amour que nous pouvons partager avec ceux que nous aimons et qui marchent encore dans les ténèbres de la terre, à tâtons.

Résurrection
Il y a la nuit et ses ombres géantes qui, aux détours imprévus de nos heures, font parfois s’assoupir l’espérance…

Il y a l’obscurité dense et tenace qui, sans crier gare, vient comme un voile nous endeuiller le cœur…

Il y a le crépuscule de Dieu qui s’abat, comme un glaive, sur notre foi qui s’essouffle à gravir ses petits Golgotha…

Et nous voici fatigués, usés, blessés, isolés, déboussolés, crucifiés dans ce désert nocturne où notre âme assoiffée, brûlée, clouée, tend désespérément les mains vers une aube qui tarde…

Qui n’a connu la nuit, ne connaît pas le jour…
Qui n’a connu le doute, ne connaît pas la foi…

Même Vous, Jésus ! Même Vous, le propre Fils de Dieu, Vous hurlez, sur le bois de Votre croix, devant l’apparent abandon de Votre Père :

 « Eloï, Eloï, lama sabachthani...

Osons-nous l’avouer :
la foi en Votre Amour, nous ne l’avons que parfois, nous ne sommes croyants que par intermittence. Au calendrier de notre espérance, nous sommes si
souvent Vendredi Saint… Tant de fois nous pourrions faire nôtre ce mot de Bernanos :


"La foi ? Vingt-quatre heures de doutes moins une minute d’espérance…"


Mais il nous faut franchir le gué de la nuit. Croire, malgré le poids des jours sans jour et sans lumière, à cette minute, cette toute petite minute, ces soixante pauvres secondes où l’espérance vient rouler la pierre des tombeaux de nos vies.C’est un dur métier, Vous le savez bien, Seigneur, que d’essayer de vivre. "Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard", chantait le poète.

I l y a l’amour qui cherche à aimer et qui retombe si souvent dans ses ornières.

Il y a la parole qui cherche à dire et à se dire et qui, tant de fois s ‘enferme dans ses mutismes…

Il y a les gestes, les gestes tendres et fraternels,qui voudraient ouvrir le cœur à l’autre, le frère, la sœur et qui passent et repassent leur chemin sans offrir un regard.

Il y a les rêves, les projets, les belles utopies, tant d’appels de l’Esprit qui s’étouffent sous le poids des habitudes, des prétendues obligations et des
conforts meurtriers.

Pâques : heureuse minute où il nous est donné de croire que tout est encore possible, que nos existences, quelles qu’elles soient, peuvent se remettre debout, choisir enfin la liberté.

Pâques : bienheureuse minute où la nuit cède enfin le pas aux premières lueurs de l’aube.

Pâques : temps béni où nous pouvons enfin nous risquer à devenir ce que nous sommes : des marcheurs, des nomades, des aventuriers, les yeux rivés vers la Terre promise de notre propre résurrection.

Venez, Seigneur ! Venez, Esprit consolateur, abattre l’arbre mort de nos doutes, où Vous gisez, inerte et crucifié.
Venez, Esprit créateur, habiter notre cœur pour mieux nous relever de l’intérieur.
Écartez, de Votre Souffle, la cendre de nos vies et Venez attiser la braise de notre espérance.
Soyez pour nous Parole qui guérit, Lumière qui éclaire, Amour qui transfigure.

Venez, Seigneur, nous murmurer à l’âme que, déjà, Vous êtes-là !


Rédaction/Mgr Gaëtan-Marie Vianney – Remanié du site : http://sitecoles.formiris.org/

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